Les limites du rétablissement...

On peux aller mieux après.  Après la violence, la prostitution, l’exploitation, l’abus sexuel…  On peut se rétablir.  Plusieurs femmes en ont fait la preuve.  J’ai même écrit que j’allais bien dans un mon texte, lettre à mon agresseur.

Or, même si on peut bien aller, il reste que ça crée un immense bouleversement d’avoir servie d’objet sexuel, peu importe le pourquoi, le comment et le combien de temps…  

Il y a l’avant et l’après.  Et les souvenirs du pendant.  Des souvenirs qui peuvent s’être échelonnés sur une longue période, au sein duquel tout ce qu’on a vécu est à remettre en question, à analyser, à comprendre, ou au moins à essayer de…  Des souvenirs desquels on s’est dissociés souvent, pour survivre, mais qui resurgissent par à coup, sans qu'on s'y attendent…

Et ces regrets, qui ne servent à rien mais qui nous taraudent, à tout moment, même si on sait qu’ils ne servent à rien et qu'on voudrait taire, puisqu'on n'y peut plus rien, de toute façon...  Ce qu’on a fait et qu’on aurait pas dû faire, ce qu’on aurait dû faire et qu’on a pas fait, ce qu’on aurait voulu faire sans y arriver…

Et il y a les conséquences…  Ce qu’on ne fait plus comme avant, ce qu’on ne voit plus comme avant, ce qu’on ne ressent plus comme avant…

Et la peur.  Des autres, des jugements, de la nuit et des cauchemars qui l’accompagnent, mais de soi aussi, souvent, comme si notre cœur ne comprenait pas qu’on est pas coupable, et qu’il tentait de nous faire croire que oui, que c’est entièrement notre faute…  Cette culpabilité qu’on ressent, et qui nous pousse à croire qu’on est mauvaise, qu’on ne peut qu’être mauvaise…

C'est pas toujours facile, vraiment pas...  Mais on peut s'en remettre.


On peut s’en remettre.  On peut ‘’aller bien’’.  Mais on n’oublie jamais.  Et rien n’est plus comme avant. Pour aller bien il faut l’accepter…  Que rien ne sera plus comme avant, que tout est différent…  Et il faut se pardonner, pour ce qu'on a fait suite aux événement, pour s'en être pris parfois aux mauvaises personnes, pour en avoir blessé d'autres au lieu de soigner nos blessures...  Et il faut se pardonner ce qu'on a pas fait mais qu'on croit avoir fait, même si on devrait pas s’en vouloir, parce que c’est peut être plus facile de se pardonner que de croire qu’on est pas coupable de ce qui nous est arrivé tant on s'est fait dire que oui, c'était notre faute.  Trop agace, trop naïve, trop imprudente, trop sexy, trop mauvaise...  Toujours cette impression d'être mauvaise. Parce qu’on se l’est tellement fait dire qu’on l’était…  Et on se le fait dire encore quand on veut se défendre.  Et il faut se défendre, pour aller mieux, et il faut aller mieux, pour se défendre…

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