L'agression d'une femme prostitué dans Hochelaga...

Entendre et lire qu’une femme prostituée a été agressé et retrouvé dans un boisé à Hochelaga, ça m’a ébranlé. C’est normal j’imagine, puisque j’étais prostitué il y a un peu moins d’un an et que j’ai été sauvagement agressé il y a moins de deux ans.  Ça me rappel des souvenirs, ça me fait revoir des images, ça me donne mal au cœur, au corps et à l’âme.  J’ai l’impression de revivre ma propre agression quand j’entends parler d’une violence qui s’y apparente, surtout que la page n’est pas encore tournée, puisque je dois encore me battre auprès de l’IVAC…

C’est sans doute pour ça que j’ai eu envie d’écrire à la femme, parce que ça m’ébranle tout ça, mais pour écrire quoi?

Tiens bon?

Je sais même pas comment j’ai fait pour tenir bon…

Lettres aux prostitueurs de ma famille...

C'est pâques aujourd'hui.  On sera en famille dans quelques heures.  Pour célébrer quoi? Qui? On s'en fout, on sera rassemblé, comme ils nous arrivent de l'être quelques fois par année.

On sera dix, douze, quinze, ça dépend des minutes.  On parlera de sports, parce que les Canadiens sont en séries et qu'on s'est pas vu depuis les Olympiques, de voiture, parce que je m'en suis payé une nouvelle en vendant mon cul. Peut-être que vous éviterez le sujet au fond, pour ne pas en arriver là...

La violence qui rend violentE

Il me fallait la partager, cette vidéo qui démontre bien que partout, encore en 2014, les femmes sont oppressées.  Elle finit bien certes, par un message d'espoir, du genre ''si on se rassemble toutes on peut changer les choses'', mais honnêtement, parfois, j'ai du mal à y croire.

Voir la vidéo.

Il y a bien quelques trucs qui me donne de l'espoir, comme ce texte de Dan Bigras, un artiste engagé pour vrai, parce que sérieusement, ou sont-ils les artistes engagés après ces élections de merde qui m'ont donné envie d'augmenter ma dose d'antidépresseur???  Il y en a, je sais, mais pas assez à mon goût, pas assez pour faire bouger les choses, pas assez qui utilisent leurs visibilités pour dénoncer...

Voir le texte

J'en ai assez de ces exemples de sexisme, de violence, d'injustice et de corruption que je vois, lis, constate et ressens sans cesse, j'en ai assez de constater que l'achat de chocolat pour pâques et que des émissions de télés attirent plus d'attention que la merde qui tombe sur toute l'humanité, de plus en plus chaque jour, sans que personne ne réagissent.  J'en ai assez de la violence, mais tout ça, ça me rend violente.

Alors parfois, même si elles sont violentes, je souris en voyant des photos qui parlent de révolte, parce que même si j'aime pas la violence, je conçois mal qu'une révolution puisse se faire sans violence, et ça fait si longtemps que je l'attends cette révolution qui ne vient pas, ou à peine...





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Un des mauvais coté du net...

Maman toute croche à parti une suite de ''dans mon temps''...  Il s'agit de réaliser qu'on vieillie en commençant une phrase par ''dans mon temps''... Après avoir lu son texte, je suis tombée sur un avis de recherche, une ado de 12 ans, en fugue...

Dans mon temps, c'était compliqué de fuguer à 12-13 ans.

Dans ce temps là, il n'y avait pas internet. Ou si peu.  J'y ai eu accès à temps plein vers 18 ans, je n'étais plus une jeune fille, ni une ado, j'étais encore une femme, mais j'étais quand même moins vulnérable qu'une ado.

Si internet avait été aussi présent quand j'avais 14 ans qu'il l'est aujourd'hui, j'aurais sans doute été prostituée beaucoup plus jeune.  À une époque ou je n'allais pas, ou rien ne semblait aller, ou je n'avais qu'une envie, du haut de mes 14 ans, fuir et aller me cacher pour réfléchir, respirer, me calmer...

Mais fuir où?

Je ne suis pas allé bien loin, je n'avais pas un choix très vaste d'endroits ou me cacher.  Ça aura duré cinq ou six jours en tout.  J'ai été retrouvé, j'ai cessé la pilule, j'ai commencé à aller mieux.

Mais si internet avait existé.

J'écrivais déjà beaucoup à l'époque.  J'écrivais mes douleurs d'adolescente, mes questionnements, ma vulnérabilité... Dans un cahier.

J'avais besoin d'écrire, de plaire, d'être écoutée, d'être valorisée...  Comme bien des jeunes filles de 13 ans... Et j'en parlais avec mes amies, et dans mon cahier.

Si j'avais eu des ''amis virtuels'', il aurait suffit de bien peu pour qu'un d'eux me persuade d'aller me cacher chez lui.  Tout ce que je souhaitais, c'est la paix, peu importe chez qui.  Mais j'aurais pu trouver l'horreur.

Dans mon temps, quand une jeune ado fuguait, on se disait qu'elle serait retrouvée bientôt, parce qu'elle avait pas des masses d'endroits ou se cacher. Et règle générale, malgré quelques tristes exceptions, les jeunes filles étaient retrouvées dans les jours suivants.

Maintenant, quand une ado fugue, j'ai peur pour elle.  J'ai peur qu'elle n'ait écrit sa vulnérabilité à un homme qui en recherche justement et qui n'attendait que ça pour la convaincre de venir le rejoindre, lui, ou lui et sa gang, ou lui et sa violence, ou lui et son contrôle...  Je sais qu'il y a des bonnes personnes sur Terre, mais j'ai de la difficulté à croire que la majorité des hommes prêt à héberger une ado en sont, et pourtant, il y en a des tonnes...  Maintenant quand j'apprends qu'une jeune ado est disparue, j'ai des images dans la tête, je la vois en train de subir des choses que j'ai subies, de supporter ce que j'ai supporté...  Et je me dis qu'à 14 ans, j'aurais pas survécu.